La tempête du 27 décembre 1999

L' hiver 1999 - 2000 a été catastrophique pour le patrimoine de notre Pays d'Aigre, comme pour celui de la France. En effet, ce patrimoine a beaucoup souffert de la tempête du 26 décembre et pour notre région de celle du 27 décembre 1999.

Ce jour là, le vent a commencé à souffler fort de Sud-Ouest vers 17 heures. Ensuite, il s'est renforcé en venant de l'Ouest, c'est à ce moment là que les rafales ont été les plus fortes. Cela a duré pendant 5 heures. Vers 23 heures, le vent a commencé à faiblir et l'on a pu sortir pour se rendre compte des dégâts."A la lumière d'un lampe de poche, je me suis rendu compte des dommages et j'ai compris que nous venions de vivre un événement exceptionnel. La nuit étant très noire, aucune lumière à nulle part ne m'a permis de me rendre compte du spectacle plus loin. Ne recevant plus la radio, nous n'étions pas informés de l'ampleur du phénomène".

Mais le lendemain matin, à la clarté du jour, quel spectacle !

Une peupleraie à Oradour
Une peupleraie à Oradour

Arbres déracinés et en travers des routes, tuiles envolées, poteaux et lignes électriques à terre, etc… cela rien que pour mon village. A l'échelon du département et de la région et du pays, la catastrophe, à mesure que les nouvelles arrivent, prend une ampleur inimaginable.

Bois, forêts et parcs dévastés. Combien de ces arbres parfois centenaires ou plus ont été déracinés ou cassés ? C'est par milliers qu'il faut les compter.

Et les bâtiments ! Tuiles du château de Barbezières envolées, clocher de la chapelle de Germeville décapité, toitures de presque toutes les églises du Pays d'Aigre endommagées, etc…Sans compter les maisons d'habitation et les bâtiments agricoles. Electricité coupée suite à la chute d'arbres sur les lignes, plus d'eau, plus de téléphone. Il a fallu ressortir les bougies. Une grande partie n'a retrouvé le courant qu'une semaine plus tard et les plus isolés ont attendus 11 jours sans électricité.

La liste des dommages pourrait s'allonger à l'infini.

La nature a également payé un lourd tribu. Il faudra des décennies pour effacer les cicatrices faites à la nature par ces tempêtes sans nul autre pareil dans notre pays.

Poteau electrique coupé à Ranville
Poteau électrique coupé à Ranville

Ces deux tempêtes (et non ouragans), d'une force et d'une puissance exceptionnelle, sont dues au mélange des "jet stream" (courants qui circulent à haute altitude vers 12 000 m et se déplaçant d'Ouest en Est à des vitesses de 200 à 400 kilomètres par heure) et qui ont renforcé la vitesse des vents.

Ces vitesses ont dépassé tout ce que Météo France avait prévu et annoncé, avec des records à 160 km/h, 180 voire des rafales à 200 km/h et peut-être plus, les anémomètres ne permettant pas d'enregistrer des vitesses si importantes. Près d'un an après ces événements, la végétation a recouvert les arbres, mais il reste encore des milliers d'arbres à terre et dont personnes ne s'est occupé depuis cette tempête. Les maisons sont pour la plupart réparées. Mais les esprits gardent encore intacte la mémoire de telles choses et les personnes qui l'on vécu ne sont pas près de les oublier.

 

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